#LE7MAIJEVOTENON


Je me permets de relayer ici un appel auquel je souscris totalement.

« Que faire lorsqu’on n’est tenté ni par le vote Macron, ni par le vote FN ?

Beaucoup répondront qu’il convient de voter contre sa nature, de se boucher le nez, de mettre des gants, de s’asseoir sur ses convictions profondes et de faire barrage au Front National.

C’est une possibilité. Je ne reviendrai ni sur le programme ni sur les personnes qui forment l’apanage de la seconde liste nauséabonde et contre-nature, c’est inutile. Et si vous envisagez un seul, même très court instant d’apporter votre voix à cette candidate, il est inutile que vous me lisiez plus avant, vous n’avez rien à faire avec moi, nous ne pouvons partager la moindre idée politique.

Mais concernant le candidat arrivé en tête, voter pour lui revient à apporter sa voix à un candidat qui veut la casse sociale du pays, qui se dit prêt à gouverner à grand renfort d’ordonnances, ou à envoyer les CRS « rétablir l’ordre républicain » où il le faudra, c’est-à-dire là où la contestation de son pouvoir et de ses décisions se fera entendre, et pour qui l’écologie passe après les intérêts financiers. Sans aller jusqu’à mettre sur le même plan Emmanuel Macron et Marine Le Pen, je constate que le soi-disant centrisme du premier est très relatif et que s’il se pare des plumes de quelques caciques du défunt PS (comme Manuel Valls, dont on se demande toujours pourquoi il se prétend de gauche), il fait davantage la roue pour séduire la gent patronale, parce que l’économie, comprenez-vous, braves gens, y a que ça de vrai ! Et je ne parle même pas de la véritable OPA (amicale) qu’opère actuellement LR sur le mouvement En Marche (Estrosi, Madelin, Le Maire, Pécresse, NKM, Bertrand…)

Par ailleurs, qu’on le veuille ou non, voter pour un candidat, serait-ce pour en empêcher une autre d’accéder au pouvoir, c’est non seulement valider le fait qu’il est parfaitement capable de gouverner le pays, mais c’est de plus toujours, à un moment ou à un autre, interprété comme une approbation de ses idées, une légitimation de son programme. Et de fait, on a voté pour lui, on l’a choisi ! Vous voyez-vous voter pour Macron le 7 mai et descendre dans la rue le 8 pour proclamer qu’il n’est pas votre candidat, pas votre président ? Soyons cohérents.

Il me semble néanmoins qu’il existe une autre voie que la colique du vote Macron.

Car si on prend les scores du premier tour, Emmanuel Macron a engrangé 8 657 326 voix, tandis que Marine Le Pen s’est goinfrée de 7 679 493 voix. Soit un total à eux deux de 16 336 819 voix. Sur un corps électoral de 47 581 118 d’électeurs, cela ne représente que 34 % des voix. À eux deux.

Si nous laissons l’électorat naturel de ces deux candidats décider sans prendre part au choix, nous aurons donc, au mieux, un vainqueur qui l’emporterait avec 53 % (8,7 millions de voix sur 16,5 millions de bulletins exprimés). Et ces 8,7 millions de voix représenteraient dès lors… 18 % du corps électoral ! Même pas 20 % !

C’est à dire que celui qui serait élu (ou celle, c’est effectivement un risque à la symbolique désastreuse, mais aux effets réels limités) aurait certes une légitimité administrative, mais aucunement démocratique. Mieux, ce serait une véritable gifle !

Et pour que le message soit particulièrement clair, il convient non de s’abstenir, ce qui pourrait passer pour du jemenfoutisme, mais bien d’aller voter et de déposer dans l’urne un bulletin tel que celui ci-contre (ou tout autre du même acabit, mais dont le message soit clair).

Qui pourrait se considérer comme légitime, a fortiori lors des législatives qui vont suivre, si plus de 80 % du corps électoral le ou la rejette de la façon la plus flagrante qui soit ? Car le véritable 2e tour ne se jouera pas le 7 mai, mais les 11 et 18 juin prochains aux législatives, et c’est leur résultat qui déterminera la politique qui sera véritablement mise en place et appliquée.

Par ailleurs, n’oublions pas que les bulletins considérés comme nuls sont non seulement comptabilisés (simplement ils ne sont pas pris en compte dans le calcul du pourcentage des candidats), mais aussi lus et archivés ! Ce faisant, nous laisserions une trace indélébile dans l’histoire électorale.

Ceci étant, cela ne peut fonctionner et avoir un véritable impact que si nous sommes une multitude, que s’il s’agit d’une véritable déferlante.

Il n’est donc, pour moi, qu’un seul vote réellement utile, réellement rassembleur, celui qui videra de sa substance le choix auquel nous sommes prétendument contraints et fera du monarque républicain un pantin tout juste bon à couper les rubans inauguraux et fleurir les commémorations, comme dans bon nombre d’autres démocraties.

Pour moi, le 7 mai, ce sera NON ! »

#le7maijevoteNON