LE MOT DU JOUR – 12 novembre 2016

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Ploutocratie (nom féminin) : Régime politique dans lequel les personnes les plus riches exercent plus ou moins directement le pouvoir politique ou jouissent d’une influence prépondérante.

« À la nomination d’une petite minorité corrompue, la démocratie substitue l’élection par une masse incompétente » disait George Bernard Shaw. Encore faut-il emporter l’adhésion des masses. Et pour ce faire, l’argent est nécessaire. Non pour corrompre (enfin, si, un peu, ça huile les rouages, comme on dit), mais pour faire passer le message dans les médias, lesquels monnayent fort cher leurs colonnes et leur temps d’antenne.

La toute dernière élection présidentielle aux États-Unis aurait ainsi coûté… 3 milliards de dollars. Et un milliardaire a réussi à se faire élire par des gens simples en payant les médias pour faire passer le message que son adversaire était une ploutocrate ! Une telle mauvaise foi méritait bien une récompense. Et puis bon, c’est sans doute le plus doux des noms d’oiseaux dont il l’a affublée.

Mais de fait, sur les 29 candidats à l’élection, on n’entendit parler que des seuls deux principaux, et pour cause, puisque le collège des débats – l’autorité qui décide de qui débat avec qui en public – n’est constituée que de représentants des deux principaux partis, lesquels partis sont les deux principaux leveurs de fonds. Il n’est ainsi pas rare qu’un exotique et inaudible candidat fasse campagne avec 5 000 malheureux dollars seulement, le vouant à l’échec le plus honteux : celui des oubliés.

Le mot ploutocratie vient du grec ancien πλουτοκρατία, ploutokratia, qui a le même sens qu’aujourd’hui, avec le préfixe ploutos qui signifie richesse et le suffixe kratia qui veut dire pouvoir, autorité. La ploutocratie est donc le pouvoir de la richesse, ou même, plus précisément dans le cas qui nous occupe, le pouvoir qui va à la richesse.

Reste à savoir si le ploutocrate élu aura plus de pouvoir que les ploutocrates non élus, comme les grands patrons de Google, Apple, Facebook ou Amazon, qui ne portent pas le susdit dans leur riche cœur. Car si tout est une question d’argent, il pourrait bien suffire de quelques fortunes colossales pour mettre à bas un pouvoir acquis à coups de milliards par un seul.