LE MOT DU JOUR – 11 février 2017

hugeblackdildo

une telle trique donne le trac

Matraque (nom féminin) : Gros bâton servant de canne et éventuellement de trique aux conducteurs d’animaux en Afrique du Nord, notamment aux chameliers.

De fait, le mot est originaire de l’arabe maghrébin maṭraqa, lui-même tiré de l’arabe classique miṭraqah qui signifie marteau.

Par analogie, le mot désigne aussi une arme contondante assez courte, constituée par un bâton de bois ou de caoutchouc durci souvent alourdi à une de ses extrémités par du fer ou du plomb, utilisée pour frapper quelqu’un et dont sont officiellement munis les policiers.

On ne pourra s’empêcher de noter la similitude de  sonorité et de sens avec le mot trique, qui n’a pourtant absolument pas la même origine : celui-ci est issu du francique strîkan, qui donna ensuite en vieux français estricque, un instrument de bois grossier qui servait à rader le grain. Par extension, l’estricque puis la trique désignèrent ensuite un simple bâton, puis un bâton de marche, et enfin un gourdin dont l’usage premier était bien d’aplatir le crâne de son prochain.

On nomma ainsi tricard celui qui était persona non grata et qui devait donc être chassé à coups de trique.

La trique finit donc par désigner l’autorité dans toute sa brutalité : « Celui-là, il ne marche qu’à coups de trique ! »

Est-ce le sentiment de supériorité, de domination par la force qui conduisit le mot trique à aussi désigner le sexe masculin en érection, ou simplement une très vague ressemblance de forme ? Cette dernière hypothèse serait évidemment exagérée, pour ne pas dire ridicule, et pour le coup « j’ai la matraque » est physiologiquement plus approprié que « j’ai la trique », quand bien même les deux renvoient à un comportement sexuel violent, qui est souvent l’apanage de petits bande-mou frustrés à l’intelligence médiocre, incapables de différencier force physique et puissance sexuelle, et qui recherchent dans ce qu’ils appellent l’ordre la possibilité d’exercer impunément une forme de sadisme refoulé vis-à-vis de leurs contemporains. Pas étonnant, dès lors, d’en retrouver un certain nombre chez ceux qu’on désigne – parfois improprement – par le terme gardien de la paix.

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