LE MOT DU JOUR – 26 novembre 2016

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ce dictateur-là était un tyran despotique !

Exceptionnellement, le mot du jour sera quadruple, afin de bien discerner les nuances de sens qui existent entre eux, et de ne pas se tromper en attribuant tel ou tel à certains grands de ce monde dont les médias se font l’écho.

Autocrate (nom masculin) : souverain dont le pouvoir est indépendant et absolu.
Étymologiquement, le mot vient du grec autokratês signifiant qui gouverne par lui-même, de auto- et kratein (gouverner).

Despote (nom masculin) : chef d’État qui exerce le pouvoir seul et sans contrôle, et qui gouverne avec une autorité absolue et arbitraire, quand bien même le pouvoir qu’il détient n’est pas absolu en soi.
À la fin du XVIIe siècle est apparue la notion de despotisme éclairé : le pouvoir y est toujours exercé par des monarques de droit divin, mais leurs décisions sont guidées par la raison et ils se présentent comme les premiers serviteurs de l’État. Le despote éclairé est supposé appliquer dans son État une partie des réformes religieuses, économiques et sociales inspirées des idées des philosophes du Siècle des Lumières, et éclairé par les principes de la raison humaine, se doit de gouverner dans l’intérêt du peuple.
Étymologiquement, le mot vient du grec despotês qui signifie maître.

Dictateur (nom masculin) : magistrat unique et souverain qu’on nommait extraordinairement à Rome, du temps de la République, en certaines circonstances critiques, et seulement pour un certain temps. Par une dérogation à la coutume établie, Jules César fut fait dictateur perpétuel. C’est pourquoi le mot se dit désormais, par extension, de tout chef investi, temporairement ou à perpétuité, d’une autorité souveraine et absolue et de tous les pouvoirs politiques.
Étymologiquement, le mot vient du latin dictator, supin de dictare (dicter).

Tyran (nom masculin) : souverain, personne détenant un pouvoir politique, qui exerce une autorité arbitraire et absolue, sans respect des lois et en usant généralement de méthodes oppressives et violentes.
Étymologiquement, le mot vient du latin tyrannus, lui-même tiré du grec turannos (même sens).

On le voit, despotes, dictateurs et tyrans sont tous des autocrates. Mais les despotes peuvent être éclairés, les dictateurs sont supposément contrôlés et leur pouvoir supposément limité dans le temps. Quant aux tyrans, bien que le mot semble tomber en désuétude dans les médias contemporains, c’est pourtant la forme la plus communément rencontrée de nos jours en ce bas monde, et aussi la plus violente.

LE MOT DU JOUR – 12 novembre 2016

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Votez Picsou !

Ploutocratie (nom féminin) : Régime politique dans lequel les personnes les plus riches exercent plus ou moins directement le pouvoir politique ou jouissent d’une influence prépondérante.

« À la nomination d’une petite minorité corrompue, la démocratie substitue l’élection par une masse incompétente » disait George Bernard Shaw. Encore faut-il emporter l’adhésion des masses. Et pour ce faire, l’argent est nécessaire. Non pour corrompre (enfin, si, un peu, ça huile les rouages, comme on dit), mais pour faire passer le message dans les médias, lesquels monnayent fort cher leurs colonnes et leur temps d’antenne.

La toute dernière élection présidentielle aux États-Unis aurait ainsi coûté… 3 milliards de dollars. Et un milliardaire a réussi à se faire élire par des gens simples en payant les médias pour faire passer le message que son adversaire était une ploutocrate ! Une telle mauvaise foi méritait bien une récompense. Et puis bon, c’est sans doute le plus doux des noms d’oiseaux dont il l’a affublée.

Mais de fait, sur les 29 candidats à l’élection, on n’entendit parler que des seuls deux principaux, et pour cause, puisque le collège des débats – l’autorité qui décide de qui débat avec qui en public – n’est constituée que de représentants des deux principaux partis, lesquels partis sont les deux principaux leveurs de fonds. Il n’est ainsi pas rare qu’un exotique et inaudible candidat fasse campagne avec 5 000 malheureux dollars seulement, le vouant à l’échec le plus honteux : celui des oubliés.

Le mot ploutocratie vient du grec ancien πλουτοκρατία, ploutokratia, qui a le même sens qu’aujourd’hui, avec le préfixe ploutos qui signifie richesse et le suffixe kratia qui veut dire pouvoir, autorité. La ploutocratie est donc le pouvoir de la richesse, ou même, plus précisément dans le cas qui nous occupe, le pouvoir qui va à la richesse.

Reste à savoir si le ploutocrate élu aura plus de pouvoir que les ploutocrates non élus, comme les grands patrons de Google, Apple, Facebook ou Amazon, qui ne portent pas le susdit dans leur riche cœur. Car si tout est une question d’argent, il pourrait bien suffire de quelques fortunes colossales pour mettre à bas un pouvoir acquis à coups de milliards par un seul.

LE MOT DU JOUR – 6 novembre 2016

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« Elle était aussi bien de fesses que de face. » – Raymond Queneau (in Les Enfants du Limon)

Fesse (nom féminin) : la fesse est l’éminence charnue correspondant à l’un des deux massifs musculo-adipeux proéminents à la partie postérieure du bassin et limitant le tronc en arrière et en bas, dans l’espèce humaine et chez les anthropoïdes. Les fesses sont situées entre la crête de l’os iliaque et le haut de la cuisse.

« Les fesses, qui sont les parties les plus inférieures du tronc, n’appartiennent qu’à l’espèce humaine : aucun des animaux quadrupèdes n’a de fesses ; ce que l’on prend pour cette partie sont leurs cuisses. » – Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon, Histoire naturelle de l’Homme.

« Chez l’Homme, la morphologie de la fesse est dominée par le relief des muscles fessiers. Chez la femme, au contraire, c’est la répartition harmonieuse du tissu graisseux qui commande l’esthétique de la fesse. » – prof. André Binet, les Régions génitales de la Femme.

Le mot fesse vient du latin populaire fissa, qui vient lui-même du latin classique fissum, fente, dérivé de findere, fendre. À la base, si je puis dire, la fesse désigne avant tout le sillon inter-fessier, l’espace séparant les deux hémisphères, bref : la raie. De fait, le fait de nommer lesdits hémisphères par le mot fesse est très récent (XIXe siècle). Auparavant, on utilisait le mot nache, terme de boucherie qui convenait aussi bien aux humains qu’aux animaux, du latin populaire natica dérivé du latin classique natis signifiant… fesse !

Mais déjà au moyen âge, le mot cul (du latin culus) était employé pour nommer la région anatomique postérieure dans son ensemble.

Comme beaucoup d’organes relatifs au sexe, le mot a de nombreux synonymes imagés : la fesse est ainsi appelée la meule ou la miche (par analogie de forme), l’ensemble des hémisphères forment l’arrière-train, le postérieur, le potron (qui vient du latin posterio : dès potron-jacquet ou dès potron-minet signifiant dès qu’on voit le cul de l’écureuil, ou du chat, selon le cas) ou le derrière lorsqu’on le désigne par sa position géographique, le boule si l’on se réfère à sa forme, le pétard lorsqu’il se fait entendre, le séant si l’on est pudique et qu’on ne fait référence qu’au fait de s’asseoir dessus, ou le uc en verlan.

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Pas de discrimination : la fesse est de tous les genres !

On notera que le mot latin fissa n’a strictement rien à voir avec le mot arabe fissa (vite), et que le mot fèces est totalement d’une autre étymologie que les fesses, quand bien même les fèces sortent d’entre les fesses.