LE MOT DU JOUR – 21 octobre 2016

Rafle (nom féminin) :

• Ensemble du pédoncule central ou axe et des ramifications d’une grappe de fruits, en particulier d’une grappe de raisins ou de groseilles. Axe de l’épi femelle de maïs, sur lequel sont fixés les grains. La rafle est ce qui reste d’une grappe ou d’un épi lorsqu’on en ôte les grains.

avant : l'épi après : les grains et la rafle

avant : l’épi
après : les grains et la rafle

Action de s’emparer de tout ce qui tombe sous la main sans rien laisser. Synonyme : razzia.
Coup où chacun des dés amène le même point et fait gagner toute la mise. Rafle d’as, de rois.

On le voit, la rafle est ce qui porte le bon grain, ou le gros lot, bref, ce qui a de la valeur. Mais la rafle, en elle-même, n’en a aucune. Paradoxalement, on rafle le grain et pas la rafle, et elle est généralement délaissée, jetée, brûlée.

On assiste à une dérive de sens au début du XXe siècle :

Arrestation massive opérée par la police à l’improviste. Synonyme : descente (de police), coup de filet.

La rafle n’est plus ce qui reste, mais la méthode utilisée. Le bon grain, quant à lui, se voit assimilé aux gibiers de potence. Déjà la politique du chiffre dans la Police ?

Le mot prendra une connotation bien sombre avec la Seconde Guerre Mondiale et sa funeste mais célèbre rafle du Vel’ d’Hiv’ : les 16 et 17 juillet 1942 se déroulera la plus grande arrestation massive de Juifs réalisée en France pendant la Seconde Guerre mondiale, à la demande du Troisième Reich, mais exécutée par la police et la gendarmerie françaises sur ordre du gouvernement de Vichy. 13 152 personnes seront arrêtées, dont 4 115 enfants, puis envoyées à Auschwitz. Une centaine d’adultes survivra à cette déportation, aucun enfant.

Il est intéressant de noter que, dès le XVIIe siècle, le mot rafle désignait aussi un piège, aussi bien à la chasse qu’à la pêche :

• CHASSE : Filet vertical à double maillage servant à prendre de petits oiseaux (grives, bécasses, merles).
• PÊCHE : Filet de pêche garni d’ailes et ayant plusieurs ouvertures à chaque extrémité.

Un piège, donc, une nasse. Le fameux coup de filet ci-dessus mentionné.

Le petit gibier et le menu fretin, vus d’un œil policier, ont bien grossi et finissent au panier à salade… avant d’être délaissés, jetés, brûlés ?

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