COLIN-MAILLARD À OUESSANT

colinmaillardouessantLa tendance a été (et est encore) aux romans policiers historiques, et l’excellente collection « Grands Détectives » de 10/18 nous a permis de découvrir nombre d’auteurs de grand talent : Robert Van Gulik, Jean-François Parot, Ellis Peters et bien d’autres encore.

Depuis quelque temps, le polar se décline aussi en mode régionaliste. Après tout, le crime est universel, et il peut être amusant de suivre une enquête dans un lieu, un village, une région qu’on connaît bien.

Reste à savoir si être du cru, pour l’auteur, est un gage de qualité suffisant pour se targuer de faire de la bonne littérature. Certes non. Pourtant, certains sont néanmoins édités.
C’est ainsi le cas pour « Colin-Maillard à Ouessant » de Françoise Le Mer, aux éditions du Palémon.

Il s’agit d’un whodunit très classique, à cette différence que, le tueur agissant du fait de bouffées délirantes, il peut s’agir de n’importe qui. Dommage pour les amoureux de déductions logiques. L’intrigue est inintéressante et si invraisemblable que l’auteur croit même bon de le faire dire à l’un de ses personnages !

La psychologie de ces derniers est aussi mince qu’une feuille de papier à rouler, lorsqu’ils ne sont pas la caricature de personnages littéraires célèbres. On ne pourra ainsi pas s’empêcher de voir en l’inspecteur Le Fur un pâle ersatz du célèbre Bérurier, au détail près que n’est pas Frédéric Dard qui veut.

Reste donc la localisation des crimes et de l’enquête. Ouessant n’est pas un lieu anodin et l’on s’attend, on espère même que l’auteur saura nous rendre l’atmosphère insulaire si caractéristique d’Ouessant. Et… rien. À croire que Françoise Le Mer n’y a jamais mis les pieds. Elle se borne donc à donner quelques indications sans doute relevées sur une carte IGN. Aucune description, aucun ressenti. L’enquête se déroule à Ouessant, mais elle aurait pu être située à Besançon que ça n’aurait rien changé. Dès lors, quel intérêt ?

Si l’on ajoute à cela que l’ouvrage comprend de nombreuses fautes (grammaire, orthographe, typographie, mots manquants) et que – je suis pourtant particulièrement soigneux avec mes livres – la tranche de la couverture s’est cassée à la première lecture, je pense qu’on peut comprendre les raisons d’une chronique aussi dure.

Bref, un livre qu’on lira vite si on a du temps à perdre, dans un train ou la salle d’attente du dentiste.