12 AOÛT : JOURNÉE MONDIALE DES ÉLÉPHANTS

Voici donc une petite histoire de Nasreddin

Lassé des insolences répétées de Nasreddin, le sultan prit un jour la décision de se débarrasser de lui et il le condamna à mort.

En ce temps-là, on savait vivre, et il y avait maintes façons de passer de vie à trépas entre les mains du bourreau. Le sultan choisit pour l’occasion une méthode à la fois originale et récréative : Nasreddin sera mené sur la place publique de Bagdad, allongé au sol et piétiné à de nombreuses reprises par l’éléphant préféré du sultan, un majestueux animal de plusieurs tonnes, aux défenses élégamment ornées d’or et de pierres précieuses.

« C’est une excellente idée, s’exclama Nasreddin lorsqu’il entendit la sentence de la bouche même du sultan, mais c’est là un supplice particulièrement dangereux !

– Espèce d’imbécile ! Le but est de te faire mourir dans d’atroces souffrances ! Évidemment que c’est dangereux ! Pour toi !

– Tu te méprends sur mes propos, Excellence : le danger est pour cette pauvre bête. Vois-tu, j’ai l’os épais mais la chair maigre, ceci étant dû notamment au niveau des impôts qui ne nous laissent guère, à nous autres gueux, que les os et la peau, justement. Nul doute qu’en me piétinant avec l’allégresse qu’on lui connaît, ton précieux éléphant se blesse, qu’une esquille s’enfonce dans son pied et qu’il endure les peines les plus pénibles. Avec cette chaleur, la blessure s’envenimera, il faudra certainement lui couper la patte et peut-être même n’y survivra-t-il pas ! Et tu prétends aimer cet animal ? Par contre, tu pourrais, en toute sécurité, faire piétiner ton receveur des impôts : lui est gras comme un eunuque, ton éléphant ne risquera rien ! »

UNE HISTOIRE DE NASREDDIN

Une petite histoire du grand Nasreddin en guise de mise en bouche avant le spectacle des 28, 29 et 30 août 😌 …

nasreddinpourweb

Un jour le grand vizir décida d’obliger tous ses sujets à dire la vérité, toute la vérité et – surtout – rien que la vérité.

Dans le même temps, une grande plate-forme de bois fut érigée devant les portes de la ville et un billot y fut déposé par le bourreau. Ce dernier se fit apporter un fauteuil et s’y installa confortablement, une boisson rafraîchissante dans une main, le pommeau d’un grand cimeterre dans l’autre.

Un héraut annonça alors que quiconque voudrait désormais entrer dans la ville, devrait d’abord se soumettre à un interrogatoire en règle et que tout mensonge serait immédiatement puni de la plus désagréable manière.

Nasreddin, qui rentrait de son oliveraie, assis sur son âne, fut le premier à oser franchir la porte de la ville.

Le capitaine de la garde l’arrêta et lui demanda :
« Toi, là, où vas-tu ? Dis la vérité, sinon… COUIC !
– Si je mens, alors on me coupera la tête, c’est bien cela ?
– C’est cela même ! Eh bien ! Tu réponds ? Où vas-tu ?
– Je vais à l’échafaud pour que le bourreau me décapite.
– Qu’est-ce que tu racontes ? Tu veux faire le malin ?
– Pas du tout, c’est la stricte vérité. Qu’on m’exécute si je mens !
– Bourreau ! » cria le capitaine.

Mais les bourreaux sont des gens fins et spirituels, et celui-ci comprit vite le problème.

« Capitaine, je ne peux pas exécuter cet homme.
– Et pourquoi cela ?
– Je ne dois couper la tête que des menteurs. Si je coupe la tête de Nasreddin, alors il aura dit la vérité, j’aurais donc tué un honnête homme, et cela, le grand vizir ne me le pardonnera jamais… et à toi non plus !
– Mais si tu ne l’exécutes pas, il aura alors menti !
– Que préférez-vous, répondit Nasreddin, me laisser vivre avec mon mensonge ou mourir en me donnant raison ? »

L’échafaud fut démonté le jour même.