LA MORT SUR UN CHEVAL PÂLE

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« La Mort sur un Cheval pâle » de Daniel Vasseur, aux Éditions du Patrimoine

Depuis déjà pas mal d’années, les romans policiers historiques se sont fait une place dans les rayonnages des librairies, devenant un genre à part entière : le frère Cadfael, le juge Ti, Roger le colporteur et bien d’autres lui ont apporté ses lettres de noblesse.

Les Éditions du Patrimoine, qui sont le département éditorial du Centre des monuments nationaux et l’éditeur délégué des services patrimoniaux du ministère de la Culture et de la Communication, ont voulu suivre cette tendance.
En effet, outre la publication de textes relatifs aux dernières recherches en archéologie, architecture, histoire de l’art et autres, elles ont aussi une mission de diffusion et de vulgarisation des connaissances du patrimoine auprès d’un large public.

« La Mort sur un Cheval pâle » de Daniel Vasseur entre donc dans ce cadre : roman policier se déroulant à Paris en 1855, notamment dans le quartier de la Sainte-Chapelle, il utilise la trame classique de l’enquête pour nous faire découvrir le Paris impérial du milieu du XIXe siècle, à la veille de l’exposition universelle, et aussi, bien sûr, la dite Sainte-Chapelle. C’est d’ailleurs indiqué très clairement sur la 4e de couverture : « CRIMES ET MONUMENTS – LA SAINTE-CHAPELLE : une ténébreuse affaire, une énigme, du suspense… et un monument ! Tels sont les ingrédients de cette nouvelle collection qui renoue avec la tradition du polar historique dans un décor fabuleux de cathédrales, de châteaux et de sites archéologiques. »

Sauf qu’il n’en est rien, car on n’apprend rien, rien de rien, ni de la vie quotidienne des parisiens de l’époque, ni du monument dont il devrait être question, si ce n’est que les vitraux ont été restaurés cette année-là. C’est tout.

Les descriptions sont rares, on reste constamment dans un flou bien pratique. La Sainte-Chapelle elle-même n’est pas du tout mise en valeur et les scènes qui s’y déroulent sont rares. Une seule chose ne nous est pas épargnée : l’auteur a sans doute dû dégoter un plan du Paris de l’époque, et il nous assène donc à chaque chapitre l’enfilade des noms de rues empruntées par ses personnages. Cela n’apporte strictement rien, ni à l’histoire, ni à l’Histoire, mais c’est supposé donner un vernis d’authenticité indéniable. Le vernis est assommant.

Puisque la partie historique est pour le moins inintéressante, reste la partie enquête policière. Las ! La poursuite du bagnard en fuite par un commissaire bougon n’est pas palpitante, d’autant que le style de l’auteur est particulièrement mou et que la psychologie des personnages est réduite à sa plus simple expression.

Enfin, le dénouement est particulièrement décevant, l’énigme n’en étant pas une et l’assassin enfin démasqué ayant été choisi par l’auteur uniquement pour donner prétexte à coller la Sainte-Chapelle dans le décor (mais ça aurait pu être n’importe qui d’autre… je n’en dirai pas plus pour ne pas déflorer l’intrigue, si tant est qu’on puisse vraiment parler d’intrigue).

Bref, tout cela sent le livre de commande, vite écrit. Comme il fait moins de deux cents pages en gros caractères, il sera tout aussi vite lu… et oublié.

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