AU BUREAU DE VOTE

Article R60 du Code électoral : Les électeurs doivent présenter au président du bureau, au moment du vote, en même temps que la carte électorale ou l’attestation d’inscription en tenant lieu, un titre d’identité ; la liste des titres valables est établie par arrêté du ministre de l’intérieur.
Les assesseurs sont associés, sur leur demande, à ce contrôle d’identité.

« Vous avez votre carte d’identité, Marcel ?
– Nan.
– Votre permis de conduire ?
– Nan.
– Un passeport ?
– Ou qu’tu crois que j’voyage donc pour avoir b’soin d’un passeport ?
– Votre carte vitale ?
– Ah ouais.
– Ah, mais elle n’a pas de photo… votre permis de chasse ?
– Faut-i donc un permis de chasse pour voter, main’nant ?
– Il me faut juste un document officiel avec une photo de vous dessus.
– Ben pourquoi donc ?
– Pour vérifier que c’est bien vous.
– Pasque tu sais pas que c’est moi, bougre d’imbécile ???
– Si, bien sûr que si, Marcel, je vous connais depuis assez longtemps !
– Ben alors ?
– Alors, j’ai besoin d’un document officiel avec une photo de vous pour vous laisser voter.
– Et si j’en ai point ?
– Si vous n’en avez pas sur vous, vous pouvez retourner chez vous pour en chercher un.
– Tu t’fous d’moi, là ? Tu vois ben qu’c’est moi !
– Oui, je le vois, mais il me faut le document. C’est comme ça. Une carte d’invalide ?
– C’est toi qui va êt’ invalide dans que’que secondes, si t’ouv’ pas ton urne, là, qu’j’mette mon bulletin d’dans.
– Non, je ne peux pas, je n’en ai pas le droit.
– Tu veux pas qu’je vote ?
– Ce n’est pas que je ne veux pas, c’est que je ne peux pas si vous n’avez pas…
– Ouv’-moi c’t’truc !
– Non.

PAF !!! (coup de canne dans la tronche)

– A voté. »

LE CHIEN (HISTOIRE D’UN OBJET DE COMPAGNIE)

"Le Chien - Histoire d'un Objet de Compagnie" de Victoria Vanneau21 février 2014 : Le président de la République a rejeté l’idée de faire évoluer le statut des animaux dans le code civil. François Hollande répond ainsi à des intellectuels qui avaient demandé en octobre dernier dans un manifeste à reconnaître « la nature d’être sensible » de l’animal. Les animaux continueront donc d’être considérés, en droit, comme des biens meubles.

Victoria Vanneau est historienne du droit et spécialiste de l’histoire des violences conjugales.
C’est donc sous ces trois angles, l’histoire, le droit et la violence, qu’elle aborde la place du chien dans la société.

Essai de sociologie ? Thèse historique ? Ouvrage militant ? « Le Chien – Histoire d’un Objet de Compagnie » est tout cela à la fois.

Ce texte ne nous épargne aucune des abominations commises par l’Homme à son meilleur ami, et devient donc, de fait, une longue plaidoirie de la Défense pour la cause de nos compagnons à quatre pattes.

Le style est sec, aride, technique, aussi impitoyable que les cruelles vivisections dont les chiens furent victimes dès le XVIe siècle.
Malgré une quatrième de couverture très « engageante », ce livre ne permet aucun questionnement quant au public qu’il vise : il s’agit d’un ouvrage historique destiné de toute évidence, sinon à des chercheurs, du moins à des étudiants : technique, précis, exhaustif, riche de références, trop austère pour, sinon intéresser, du moins être d’un abord agréable à un large public.

Car ce livre est douloureux à lire, puisque chaque page tournée s’accompagne d’une question : « Que va-t-on encore bien pouvoir faire subir à ces pauvres chiens ? »
Heureusement, le dernier tiers du livre est moins éprouvant pour les nerfs, mais aussi plus fastidieux car plus axé sur l’aspect juridique de la « personne » animale.

Toutefois, le lecteur non-universitaire qui parviendra à surmonter ses sentiments d’horreur puis (un peu) d’ennui, et à lire ce livre intégralement, en sortira sinon grandi, du moins meilleur, et je ne doute pas que quelques-uns se précipiteront vers le refuge le plus proche pour adopter un nouvel ami.
Mais ces lecteurs-là n’ont sans doute pas besoin d’être convaincus.
Et ce n’est sans doute pas le but recherché. De même qu’un ouvrage de mécanique automobile n’a pas pour objet de faire aimer les voitures.

Un livre à la fois passionnant et terriblement dérangeant, donc.

Vous me permettrez de clore là ma critique : mon chien me regarde avec insistance… Je crois qu’il veut une caresse.

PS : lorsque les notes bibliographiques ou autres sont nombreuses, ce qui est le cas ici, il serait beaucoup plus pratique et agréable de les mettre en bas de page plutôt qu’en fin de volume.

PPS : Merci aux éditions Autrement et à Babelio de m’avoir fait parvenir cet ouvrage.