BIENTÔT SUR VOS ÉCRANS… (OU SUR PAPIER)

Bon, alors, que je vous dise : dans mon prochain bouquin, il y aura plein de jeunes filles en petite tenue (mais pendues dans les arbres), du sang, de la tripe et des hurlements étouffés par la neige, et une belle histoire d’amour avec de jolies chansons… Ça ira ? Oh ! Et je vous ajoute une petite décapitation, pour faire bonne mesure, ne me remerciez pas, c’est cadeau.
Et pour vous faire patienter jusque la fin de l’année, voici une petite mise en bouche…

À cheval dans le vent
Je lance l’appel du cor
Au galop droit devant
Je chevauche avec la mort

Née de seize printemps
Ta bouche n’est pas sévère
Il est temps maintenant
Que tu connaisses l’hiver

Tout au bout d’une corde
Tu danseras la pavane
Pas de miséricorde
Pour ton joli cou diaphane

La pie sur le gibet
Chantera à ton oreille
Le lai des macchabées
Qui attendent le sommeil

 

LES PIRATES ET LES PAUVRES TYPES

« La Brigade des Loups » de Lilian PeschetLilian Peschet est l’auteur d’une série d’ouvrages disponibles en numérique : « La Brigade des Loups ».  Je ne vous en dirai pas plus sur ses textes, je ne les ai pas lus, et ça n’est absolument pas le propos de toute façon.

Lilian Peschet, en tant qu’auteur, fait l’effort de diffuser gratuitement le 1er tome de son œuvre et de vendre le tome 2 à 0,99 €. Oui, 99 centimes. À ce prix, on aurait pu supposer que ça restait accessible à toutes les bourses.

Il faut croire que ça n’est pas le cas, puisque les deux tomes de La Brigade des Loups sont disponibles en téléchargement gratuit sur un forum spécialisé dans le piratage de livres numériques.

Pirater un ebook vendu 10 ou 15 €, je ne le cautionne pas, mais je peux le comprendre. Mais franchement, pirater l’ebook d’un auteur qui se fait ch*** le c*** (pardon my french) à proposer son texte à moins d’un euro, c’est juste lamentable et indigne, sauf à être, non un pirate (il y a un soupçon de noblesse dans ce titre, malgré tout), mais juste un pauvre type.

Je vous propose donc de découvrir La Brigade des Loups sur le site de son auteur :
épisode 1 (gratuit légalement)
épisode 2 (0,99 € seulement)

« CHIEN DU HEAUME » DE JUSTINE NIOGRET

« Chien du Heaume » de Justine NiogretVous aimez les barbares musculeux qui décapitent une hydre d’un revers de lame négligent ? Les magiciens omniscients qui déclenchent des sortilèges aux conséquences cataclysmiques ? Les quêtes épiques, les dragons caparaçonnés, les batailles dantesques, les chevaliers courtois, les belles guerrières dénudées, les nains, trolls, orcs, gobelins ou autres représentants du Petit Peuple ? Passez votre chemin, manant, vous ne trouverez rien ici qui satisfasse votre désir.

Chien du Heaume n’a de « Fantasy » que la classification dans la collection de l’éditeur. Justine Niogret a écrit ce qu’on pourrait appeler une « fantaisie historique », ancrée dans le réel fantasmé de ce qu’aurait pu être un certain haut moyen âge, que les anglophones ont l’habitude d’appeler « the dark ages » (et qui n’avaient d’ailleurs de sombre que les nuits sans lune). C’est la vraie vie dans un monde qui aurait pu exister, avec ses attentes déçues, ses longues périodes d’ennui ou de désespoir, et son lot de tripaille puante. Car on ne traverse pas les âges sombres impunément : on patauge dans la merde, la peur tord les viscères, l’acier se repaît de sang noir et lourd et le froid, la faim et la maladie prennent leur comptant de vies.

L’histoire est courte – « seulement » 200 pages de livre de poche (enfin un ouvrage qui ne se délaye pas inutilement sur 5 tomes de 500 pages !) -, dense et… frustrante ! au même titre que la vie peut l’être lorsque l’espoir ou la raison s’évapore.

On pourra reprocher à Chien du Heaume un certain manque d’attrait ou d’action. De fait, il ne s’y passe pas grand-chose. Les personnages étant réalistes, il ne leur arrive rien de véritablement trépidant. Des héros de Fantasy auraient vécu d’incroyables aventures. Mais héros, ils ne le sont point, et leur histoire n’a rien d’une saga épique. Ils ne sont que des femmes et des hommes en butte à l’extrême rudesse de l’existence en ces temps troublés.

Usant d’une langue très stylée, saupoudrée de soupçons de vocabulaire archaïque, Justine Niogret a réalisé là une œuvre de fiction originale et de qualité, qui réconcilie avec la littérature de genre, laquelle est trop souvent abandonnée à une production industrielle médiocre et formatée.

Tant de louanges doivent être compensés tant soit peu, il en va de ma réputation ! La seule fausse note du texte réside, à mon sens, dans le court prologue, qui n’est rattaché en rien au reste du texte (ou je n’ai rien compris à l’histoire, ce qui n’est pas impossible). On en arrive à se demander s’il ne manquait pas quelques pages à l’éditeur pour sortir le livre…