« LE LIVRE DE CENDRES » DE MARY GENTLE

« Le Livre de Cendres » de Mary Gentle

cliquer pour agrandir l’image

• Le Livre de Cendres, tome 1 : La Guerrière oubliée de Mary Gentle

En attaquant l’ouvrage, on se dit : « Enfin ! Une vraie histoire, carrée, intéressante ; de vrais personnages, solides, bien campés ; une vraie écriture, avec du style et – ô miracle ! – du vocabulaire !!! »
Et le tout pas gnangnan, bien au contraire ! On est là à mille lieues des pauvres états d’âme des héros tièdes qui s’étalent généralement à longueur de pages dans de la Fantasy de second ordre, expurgée de tout ce qui pourrait choquer un adolescent sensible et boutonneux.
Ici, ça pue, ça gueule, c’est fort, franc et massif, il y a de la chair et du sang (la référence n’est pas innocente) tant scénaristiquement que stylistiquement !
Bref, du bonheur pour lecteur adulte.
Hélas, l’action se dilue un peu lors du basculement dans la Fantasy uchronique. On regrettera aussi certaines scène assez confuses dans leur description, notamment certains combats. L’ensemble reste toutefois de grande qualité.

 

• Le Livre de Cendres, tome 2 : La Puissance de Carthage de Mary Gentle

Après un premier opus très ancré dans l’Histoire, ce second tome du Livre de Cendres bascule totalement (pour ne pas dire « sombre ») dans la fantasy la plus complète. Par ailleurs, il ne se passe quasiment rien tout au long des quelques 600 pages, l’héroïne subit l’action sans en être véritablement partie prenante et comme le tout est absolument centré sur ce personnage (pas une scène, pas une ligne qui ne lui soient consacrées), lequel revient en fin de compte à son point de départ, on finit par se demander à quoi sert ce tome, hormis à faire du chiffre d’affaires.
On se prend à penser : « Y a intérêt à ce que ça s’améliore sur le tome 3 ! »
Et franchement, le coup du Deus Ex Machina (c’est le cas de le dire) qui vient sauver le personnage dans une situation impossible, c’est indigne, de nos jours !

 

• Le Livre de Cendres, Tome 3 : Les machines sauvages de Mary Gentle

Encore un tome sans intérêt… 600 pages de grand néant tout vide ou plein de rien, comme on voudra. Aller directement au tome 4 (ou pas, on peut aussi s’en dispenser).

• Le Livre de Cendres, Tome 4 : La dispersion des ténèbres de Mary Gentle

Quoi, quoi, quoi ? Tout ça pour ça ? Deux mille six cents loooooooooongues pages de tergiversations oiseuses, de causeries insipides et de narration ultra-linéaire POUR ÇA ?!?! cette fin d’un ridicule achevé ? Certes, il y a bien un petit (oh, léger, hein, pas de quoi pavoiser) sursaut d’intérêt quelques centaines de pages avant la fin, mais jamais, je pense, conclusion de roman n’aura mieux porté le nom de « chute ».

« JEANNE D’ARC, VÉRITÉS ET LÉGENDES » DE COLETTE BEAUNE

« Jeanne d'Arc, Vérités et Légendes » de Colette Beaune

cliquez sur l’image pour acheter l’ouvrage sur Amazon.fr

Avec « Jeanne d’Arc, Vérités et Légendes », l’historienne et chercheuse Colette Beaune,  professeur émérite à l’Université Paris X – Nanterre, règle ses comptes et démonte, méthodiquement, consciencieusement et sans pitié, les affabulations des mythographes qui, du XVe siècle à nos jours, essaient de tordre la réalité historique pour la faire coïncider avec leurs théories – souvent fumeuses et correspondant aux envies de leur public. Elle le fait sans gants, avec humour, voire un certain plaisir revanchard lorsqu’elle s’en prend aux publications les plus récentes.

Un livre carré, intéressant, facile d’accès pour les historiens néophytes (comme moi),  aux antipodes de toutes les théories conspirationnistes ou farfelues qui circulent encore (Jeanne aurait été la sœur cachée du roi, elle ne serait pas morte sur le bûcher, elle aurait été un homme, etc.), et qui replace très précisément le personnage historique dans son contexte, tout en expliquant l’évolution de la (ou plutôt des) légende(s) qui se sont greffées autour de la Pucelle, sans non plus faire l’impasse sur les zones d’ombre ou les interrogations qui subsistent.

On comprendra, dès lors, que les mythographes contemporains grincent des dents et n’aient d’autre argument à opposer à la médiéviste que de l’accuser de rejeter les éléments qui ne lui conviennent pas. Ils ne se privent pourtant pas eux-mêmes d’user de pareille méthode. Toutefois, lorsque Colette Beaune écarte une affirmation, au moins le fait-elle scientifiquement, en étayant son avis de preuves solides, en se basant sur les textes et les faits, et en négligeant effectivement toute théorie sans autre fondement que le « et si ?… »

Certains regretteront peut-être que le style d’écriture de Colette Beaune ne soit guère littéraire. Cela serait sans doute gênant s’il s’agissait d’un roman. Il s’agit d’un ouvrage scientifique et le style a la rigueur et la clarté requise pour ce genre d’ouvrages, sans fioriture ni rideau de fumée.

Bref, une lecture indispensable pour quiconque s’intéresse à Jeanne et est déjà tombé sur des textes assurant détenir « la vérité vraie qu’on nous a si longtemps cachée »…