L’INSPIRATION DU MOMENT – Sujet 2

Personnes prenant le soleil contre le mur de la forteresse Pierre et Paul à Saint-Petersbourg (photo : REUTERS / Alexander Demianchuk)

photo : Reuters / Alexander Demianchuk (cliquer pour agrandir)

Qui sont-elles ? Ces femmes plaquées contre un mur de pierre, les pieds dans la neige, offrant aux regards leurs corps vieillis, flétris…

Les yeux sont clos, l’abandon est évident. L’une d’entre elles a les mains jointes, sa tête est couverte de ce qui pourrait passer, au premier regard, pour une cornette. Une nonne ? Qui oserait, de nos jours, exposer une religieuse à la vue de tous, en soutien-gorge ? Prie-t-elle ? Pourquoi ?

Sa voisine est décharnée, et la position de ses mains, au bout de longs bras squelettiques, n’est pas sans rappeler certaines icônes byzantines de saintes ou de martyrs. Leurs visages expriment autant la résignation et la souffrance que la renonciation ou l’offrande. Qu’offrent-elles ? leurs corps ? leurs vies ?

Une troisième expose son dos, mais jette un regard – craintif ? – par-dessus son épaule. Lance-t-elle un dernier regard à sa compagne allongée – alitée ? morte ? Ou le fouet est-il sur le point de mordre cruellement ses chairs rebondies ?

Les sacs de courses à leurs pieds indiquent que ce qui leur arrive les a prises au dépourvu. Une rafle ? Le malaise est indéniable : nous sommes otages, voyeurs malgré nous d’un drame sur le point d’advenir…

Il s’agit en fait de femmes qui profitent des rayons du soleil contre le mur de la forteresse Pierre et Paul à Saint-Pétersbourg.

L’INSPIRATION DU MOMENT – Sujet 1

le quatrième cavalier de l'Apocalypse, par Gustave Doré« Quand il ouvrit le quatrième sceau, j’entendis la voix du quatrième être vivant qui disait : Viens. Je regardai, et voici que parut un cheval d’une couleur verdâtre. Celui qui le montait se nommait la mort, et le séjour des morts l’accompagnait. » – Apocalypse de Jean

« Et si la peste revenait frapper l’Europe ? »

Un article intéressant sur Futura-Sciences, qui nous titille l’imaginaire… et nous fait froid dans le dos !

De quoi parle-t-on ? De la bactérie Yersinia pestis,  qui a marqué l’occident d’une empreinte si indélébile qu’aujourd’hui encore, on ne peut s’empêcher de frissonner à l’évocation de son nom commun, qui est presque devenu un nom propre : la Peste !

Figurez-vous que notre bonne vieille peste noire, si elle n’a plus réapparu depuis trois siècles en France, n’est pas pour autant éradiquée : les USA, une bonne partie de l’Amérique du Sud, la quasi-totalité de l’Asie et toute la partie sud de l’Afrique recensent encore des foyers de peste chez les animaux ou des cas chez l’Homme. Pire, la bactérie deviendrait résistante aux antibiotiques (voir l’article de Futura-Sciences). La mondialisation impliquant une augmentation des échanges, et donc du trafic des marchandises et des personnes entre les continents, il devient statistiquement évident que la probabilité de voir réapparaître des cas en Europe, voire une épidémie, tend à s’écarter du zéro pour s’approcher au plus près du un.

Si le quatrième cavalier de l’Apocalypse symbolise la mort par la maladie, par l’épidémie, ce n’est pas tant des chevaux dont il faudra se méfier… La peste est principalement véhiculée par les puces, elles-mêmes portées par les rats, souris et autres animaux sauvages vivant à proximité (ou à l’intérieur) des zones d’habitation humaine. Dès lors, les animaux domestiques deviennent eux aussi suspects… Votre bon gros toutou se gratte ? Aurait-il une puce ?

La forme la plus fréquente de la peste est bubonique, mais dans certains cas, la peste peut aussi se transmettre par voie aérienne : il s’agit de la peste pulmonaire. Un postillon, un bisou, une simple haleine un peu trop proche de votre nez et… couic ! Une bonne raison de fuir sa belle-mère, certes… mais en qui avoir confiance ?

Historiquement, pour lutter contre les épidémies de peste, on usait de différents remèdes : prières, flagellations, massacre de juifs et d’hérétiques (il fallait bien trouver un responsable !), potions diverses mais toujours peu ragoûtantes, sans oublier la bonne vieille saignée. En irait-il autrement aujourd’hui, dans nos sociétés si modernes et civilisées, a fortiori si les antibiotiques sont inefficaces ?

Ça y est ? vous avez le stylo qui vous démange ? le clavier vous brûle les doigts ? vous ne seriez pas infecté, par hasard ?

RECUEIL « PETITS CONTES IRRITANTS » – Extrait 2

Second extrait de mon prochain recueil de nouvelles « Petits Contes irritants »…

George Washington Bridge

This is America

Alors Alan Ballman en eut assez.

Il avait tout perdu. Sa femme l’avait quitté dès la naissance de sa calvitie, son appartement et ses meubles avaient été saisis et vendus sans que cela couvre l’intégralité du prêt qu’il avait contracté pour les acheter, et sa voiture – une Oldsmobile Cutlass Ciera de 1989 – venait de quitter cette vallée de larmes pour le paradis des automobiles.

N’ayant ni enfant, ni parent proche, ni véritable ami, et étant même dépourvu de collègue de bureau depuis qu’il avait été licencié de la boutique de réparation de télévisions, Alan Ballman se posait des questions sur l’existence et sur le sens qu’il fallait lui donner. Jusqu’à cet après-midi du 12 juin où, au sortir d’un bar, il prit la décision d’en finir.

Les quelques dollars qui lui restaient en poche suffirent pour payer le cab qui le déposa à la sortie de Manhattan, à proximité du George Washington Bridge. Le pont suspendu était superbe dans le ciel bleu.

Alan Ballman marcha sans admirer la vue jusqu’à la rampe d’accès au pont, réservée aux piétons, cyclistes et skaters. Puis, il emprunta la voie réservée aux piétons, marcha encore pour s’éloigner suffisamment de la rive, puis escalada les barrières de sécurité. S’agrippant au métal gris, il laissa un instant l’air lui caresser le visage, air qui charriait avec lui les odeurs peu ragoûtantes de l’Hudson, lequel étirait sous lui ses flots las et limoneux. New York bruissait. Le pont résonnait des innombrables voitures qui le parcouraient sans arrêt, insensibles à son sort.

Du bout du pied gauche, il extirpa son talon de la chaussure droite et, comme frappant un ballon imaginaire, il envoya celle-ci dans les airs. Elle tomba, tomba, tomba et fit un minuscule plouf qu’il n’entendit pas et put à peine distinguer au milieu des remous lourds du fleuve.

Alan Ballman négligea d’ôter sa deuxième chaussure. À quoi bon ? Il releva une dernière fois la tête et son regard se porta loin, vers la baie.

C’est alors qu’il le vit. Le point. Là, dans le ciel. Il grossissait à vue d’œil… Qu’est-ce que ce pouvait bien être ? Un oiseau ? Un avion ? Non ! C’était Superhomme !

Le super-héros en collant bleu et cape rouge exécuta une fort belle courbe dans les airs et vint atterrir en douceur sur la même poutrelle d’acier, à quelques centimètres de lui.

Alan Ballman ne pouvait détacher les yeux de ce profil à la mâchoire volontaire.

Superhomme admira un instant la vue, prit une profonde inspiration et lâcha un « aaaaaaaaaaaah… » de satisfaction. Puis il se tourna vers Alan, lui sourit et lui tendit une photo dédicacée. La cape claqua dans le vent et un éclair bleu et rouge fila vers l’horizon et de nouvelles aventures.

Fieffé Goupil – juillet 2012

LIENS LITTÉRAIRES Saison 1 Épisode 2

[EBOOK GRATUIT] « Jack le Justicier » d’Edgar Wallace
Gregory « le coco » est retrouvé dans un ruisseau, assassiné. Ne faisait-il pas partie, comme Crew « l’aristo », Pinto Silva, Lollie Marsh ou Selby, de la bande du Colonel Dan Boundary ? Aurait-il trahit les « associés » de cette bande qui achète à vil prix les biens de personnes dont ils ont découvert une vulnérabilité ?
http://www.ebooks-bnr.com/wallace-edgar-jack-le-justicier/
[EBOOK GRATUIT] « Imago » de Carl Spitteler (Liestal 1845 – Lucerne 1924)
Spitteler, un écrivain suisse allemand, fut aussi un pacifiste qui marqua son désaccord avec l’attitude des Allemands durant la première guerre mondiale (en rupture avec le sentiment général en Suisse allemande). Influencé par Schopenhauer et J. Burckhardt, proche de Nietzsche il tenta, dans son œuvre, d’actualiser les mythes antiques dans le contexte quotidien. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1919 pour ce livre.
Imago raconte les affres d’un amour malheureux , celui de Victor, jeune homme revenu de l’étranger dans sa Suisse allemande natale après de longues années d’exil volontaire. Dans sa tête, la femme qu’il a aimée et idéalisée mais négligée. Or elle a changé : mariée, mère de famille, elle ne désire rien de lui. Imago c’est « l’image » de cet amour, inconditionnel et platonique, un des noms que Victor donne à l’être aimé et sublimé, femme rêvée et non réelle. Héros de ce roman déconcertant, Victor va se confronter au choc quotidien entre son rêve et la réalité, être remis en place régulièrement par une amie qui le voit dériver vers la folie, et par la femme aimée qui le dédaigne et le lui fait savoir.
http://www.ebooks-bnr.com/spitteler-carl-imago/
[LITTÉRATURE] « Présence et absence de l’alchimie dans la littérature romanesque médiévale » par Didier Kahn
Divers romans médiévaux ont fait l’objet, au XXe siècle, d’interprétations alchimiques sur la base d’idées fantaisistes. On retrace ici l’histoire de ces interprétations, puis on recherche plus en profondeur dans la littérature romanesque médiévale les moindres traces de motifs alchimiques. On donne alors les raisons historiques de la quasi-absence de l’alchimie dans les romans médiévaux. Puis on reconstitue les mécanismes par lesquels certains alchimistes, à la Renaissance, avaient déjà interprété certains de ces romans comme des allégories de leur art.
http://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00768993
[EBOOKS GRATUITS] Le site NosLivres (http://www.noslivres.net/) accueille 45 titres de Richard O’Monroy dans son catalogue (cliquer sur la colonne « auteur » pour les classer par ordre alphabétique et descendre jusque la lettre O)
• À grandes guides
• À la hussarde !
• Amours martiales
• Aux bords du Tendre
• Brochette de cœurs
• Celles qui disent oui !
• Cocardes et dentelles
• Coups de soleil
• Feux de paille
• Gloriette
• Graine d’étoile
• Histoires crânes
• Histoires tendres
• La Brune et la blonde
• La Grande Fête !
• La Main aux dames
• La Soirée parisienne
• La Vie folâtre
• L’Amour sans phrases
• Le Capitaine Parabère
• Le Chic et le chèque
• Le Club des braconniers
• Le Péché capital
• Les Amies de nos Amis
• Les Débutantes
• Les Femmes des autres
• Les Petites Manchaballe
• Les Petits Béguins
• Les Propos de madame Manchaballe
• L’être ou ne pas l’être ?
• L’Irrésistible Amour
• Madame Manchaballe
• Marcheurs et marcheuses
• Monsieur Mars et Madame Vénus
• Ô Nature !
• Place au théâtre !
• Quand j’étais capitaine
• Sans M’sieur le maire
• Services de nuit
• Souvent homme varie !
• Soyons gais !
• Tambour battant !
• Tout en rose !
• Tutur et Toto
• Un peu ! Beaucoup !! Passionnément !!!
Richard de L’Isle de Falcon de Saint-Geniès, dit Richard O’Monroy, né en 1849 à Paris où il est mort en 1916, est un romancier et nouvelliste français. Avec Gyp et Ludovic Halévy, il est l’un des conteurs de la vie parisienne dans le dernier quart du XIXe siècle.
Sorti de l’école de Saint-Cyr en 1870, il est capitaine de cavalerie lorsqu’il est acculé à la démission en 1891, ce qui lui permet de se consacrer pleinement à l’écriture. Il contribue à La Vie parisienne et au Gil Blas des saynètes de la vie d’officier, des croquis parisiens, des romans et des nouvelles réunis par la suite en une cinquantaine de volumes. Il est également l’auteur de quelques vaudevilles et comédies en un acte. Son style d’allure vive et sa gaieté sentimentale ont su plaire pendant un temps à un certain public.
[LIVRE AUDIO] téléchargement gratuit d’une anthologie sonore de la poésie française (jusqu’au 31 mars 2013 seulement)
[EBOOK GRATUIT] « Le Fantôme de Pont-Saint-Rémy » de Patrick Llewellyn sur immatériel.fr
Mai 1832. Le Général Le Bris, ancien général d’empire, est de passage dans la campagne picarde. Au hasard des chemins, il rencontre un vieux compagnon d’épopée, qu’il n’avait pas revu depuis le retour de Waterloo : l’adjudant Boudu. L’adjudant est venu se recueillir sur la tombe de sa sœur, assassinée de façon horrible quinze ans plus tôt. Mais l’assassin demeure hors de portée de la justice humaine…
Avec la série des Petits Crimes Extraordinaires de Patrick Llewellyn, qui n’a rien à envier aux Petits meurtres d’Agatha Christie, vous allez côtoyer des assassins sans scrupules, des meurtriers qui se croient bien à l’abri de la justice des hommes, des énigmes ou des intrigues que vous vous plairez à tenter de dénouer, des morts que vous aurez envie de venger, des histoires qui parfois vous feront frémir d’angoisse.
http://t.co/oCC31wXJUF
[ÉCRITURE] « Les pratiques d’écriture réflexive en contexte de formation générale » de Serge Bibauw & Jean-Louis Dufays
Dans cet article de synthèse, nous nous faisons d’abord le point sur les différentes approches qui sont faites de la réflexivité, et en particulier des pratiques d’écriture réflexive, en contexte pédagogique. Nous étudions ensuite les tensions auxquelles est confronté un enseignant qui souhaite engager ses apprenants dans des pratiques réflexives dans un contexte de formation générale, non professionnalisante, et en particulier dans le contexte de la transition entre l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur. Ces tensions opposent différentes modalités possibles d’une pratique réflexive, qui correspondent à une diversité d’effets et d’enjeux.
http://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00798613
[EBOOK GRATUIT] « L’Homme qui rit » de Victor Hugo, sur le Projet Gutenberg
http://www.gutenberg.org/ebooks/5423
[EBOOK GRATUIT] « Le Rouge et le Noir » de Stendhal, chez ÉFÉLÉ
Si j’indique ce grand classique qu’on peut trouver un peu partout sur le net, c’est du fait que les ebooks réalisés par ÉFÉLÉ sont généralement d’excellente qualité.
http://efele.net/ebooks/livres/000160/
[EBOOK GRATUIT] « Germinal » d’Émile Zola, sur ÉFÉLÉ